Île d’Yeu : « passe-droit » pour le roi des Belges ? Et « sur ordre du préfet », en plus ?!

En août dernier, le roi Philippe de Belgique, qui a une résidence sur l’Île d’Yeu, s’est vu accorder un permis de construire pour une annexe de 40 m2 dans une zone naturelle protégée et un espace boisé classé. Selon l’opposition municipale, ce permis n’aurait jamais pu ni dû être délivré ; ce serait même un affront pour toutes les familles qui se sont vu refuser la construction d’une chambre supplémentaire pour leur gamin, sur cette île aux règles extrêmement fermes en matière d’urbanisme !

Mardi soir, en fin de réunion de conseil (filmée et retransmise en direct), l’élu de l’opposition met les pieds dans le plat, et questionne à ce sujet le maire, Bruno Noury, plutôt… mal à l’aise. Il répond que la municipalité n’a pas eu le choix, que la délivrance de ce permis lui a été « imposée » pour « des raisons de sécurité », et finit par lâcher que l’ordre venait directement du préfet.

Contactée, la préfecture confirme qu’il y a bien eu des échanges avec la mairie de l’Île-d’Yeu à ce sujet, mais uniquement pour faire appliquer « le régime d’exception prévu dans le Plan Local d’Urbanisme », autorisant, même dans cette zone protégée, la construction « d’équipements collectifs d’intérêt général ». Il s’agirait donc d’un cas exceptionnel, effectivement « lié à un motif de sécurité ». En l’occurrence, d’après nos informations, il s’agirait pour le roi Philippe de construire une maison pour ses gardes du corps… Mais, alors, si on a un gros chien de garde nécessitant une très grosse niche, ça marche pour nous aussi ?! Chiche !

NB : Contacté, le maire Bruno Noury n’a visiblement pas pu nous répondre avant parution de cet article. Nul doute que nous reviendrons avec lui sur le sujet dans nos colonnes.