Le Sans Culotte N° 28 (Septembre 2009)

UNE28« 600 000 Vendéens, 600 000 Smicards » !

On ne parlait plus que de ça au début de l’été ! De la spectaculaire croisade de Philippe de Villiers contre la délocalisation de l’usine SKF et de son audace face aux dirigeants du groupe. Les Vendéens doivent être solidaires entre eux, on le sait déjà – on essaye de l’être – mais on a tenu à nous le rappeler. Plus une bordure de route en Vendée sans qu’un panneau publicitaire vous colle en pleine face le slogan auquel nul n’a pu échapper : «600 000 Vendéens, 600 000 SKF».

Mais, après qu’il s’est ouvertement désolidarisé du combat, le héros annonce qu’il pactise avec «l’ennemi», ceux-là même qui prônent le modèle économique qu’il fustigeait quelques semaines auparavant ! C’est la loi de la zapette, bien pratique pour celui qui joue les girouettes… aussi bien que de la trompette.

Les récentes tentatives de débauchage de l’UMP, son dernier revers électoral et la perspective des Régionales en mars prochain justifient que le «Chouan» rejoigne la République, et mette de l’eau dans son vin. Mais la transition est rude : passer des slogans «coco» aux banquets de l’Elysée… L’appétit du pouvoir est sans borne, qu’importent les convictions pourvu que l’on ait la «mangeoire» !

Le Tuyau percé :

Où est passé l’amiante de Saint-Vincent-sur-Jard ? : vraie enquête pour faux sujet !

Au pied du mur :

Eau polluée de Noirmoutier : la réponse du Préfet.

Les arroseurs arrosés !

Le 20 août dernier, date de la fin de l’enquête publique sur les bassines de substitution d’Oulmes, quatorze arroseurs ont été stoppés avec ce message collé sur l’enrouleur :

« Vous avez dû oublier de fermer le robinet en partant.

Je me suis permis de le faire pour votre facture d’eau et la santé du Marais.

La vie est en nous, dans la terre et dans l’eau.

Cordialement. Un citoyen responsable ».

L’action a été revendiquée par le «Clan des vannes». Elle est la dernière et la plus importante d’une campagne de fermeture des robinets menée depuis début août en sud Vendée.

Chante pas trop fort, y’a la censure qui dort !

Cet été, le groupe vendéen «Dépose Mamie avant de venir» s’est vu déprogrammé d’un festival après leur concert à la Fête de la musique de Talmont-Saint-Hilaire. Censurées les mamies punk à l’humour décapant… ! Si leurs propos ont choqué nos élus bien-pensants, pas étonnant que ceux prodigués par une horde de chevelus aux tee-shirts noirs, ornés de motifs morbides, aient provoqué un tel émoi ! Cette fausse note talmondaire intervient en effet peu après la vaste campagne de dénigrement menée à l’encontre du festival Hellfest de Clisson : des attaques lancées notamment par la droite conservatrice et catholique de Vendée. On a diabolisé le jazz dans les années 30, on a accusé le rock de dévergonder la jeunesse dans les années 60, voilà qu’aujourd’hui on stigmatise les Métalleux et les punk-rockers délurés. Et après, ce sera quoi ?

Les cons : des handicapés comme les autres ?

Si les personnes handicapées doivent d’abord se battre contre la maladie, elles doivent aussi affronter l’ignorance – la stupidité ? – de leurs concitoyens. «Si tu prends ma place, prends mon handicap» : le slogan est censé interpeller mais n’appelle pas toujours à la raison… Loin s’en faut à en croire les proportions qu’a prises cette histoire de place de parking pour handicapés à la sortie d’une école luçonnaise.

Coup de pouce : quand le code rural permet tous les abus…

Propriétaire de 4 hectares de terres à Beauchêne, dans l’Orne (Normandie), Hélène Hamon (aujourd’hui Vendéenne) s’est trouvée, bien malgré elle, empêtrée dans une aventure digne des romans de Kafka : depuis plus d’un an, un agriculteur (également adjoint au maire de la commune) use de tous les moyens pour obtenir le droit d’exploiter ses terres. Elle a jusqu’à la fin du mois pour trouver une solution, laquelle serait de faire un prêt à usage gratuit de son terrain pour être sûre qu’à terme celui-ci revienne à la personne et à l’activité établies sur les lieux, et non à son rapace de voisin ! Reste à trouver le candidat. Cela tombe bien puisque nombreux sont les lecteurs normands du vilain petit canard vendéen…

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